Un petit texte
Philo
Boulot
Qui permet de réfléchir (un peu)
"La vie humaine peut être comparée à une course, et quoique la comparaison ne soit pas juste à tous égards, elle suffit pour nous remettre sous les yeux toutes les passions (dont nous venons de parler). Mais nous devons supposer que dans cette course on n'a d'autre but et d'autre récompense que de devancer ses concurrents?
S'efforcer, c'est appéter ou désirer.
Se relâcher, c'est sensualité.Regarder ceux qui sont en arrière, c'est gloire.
Regarder ceux qui précècent, c'est humilité.
Perdre du terrain en regardant en arrière, c'est vaine gloire.
Etre retenu, c'est haine.
Retourner sur ses pas, c'est repentir.
Etre en haleine, c'est espérance.
Etre excédé, c'est désespoir.
Tâcher d'atteindre celui qui précède, c'est émulation.
Le supplanter ou le renverser, c'est envie.
Se résoudre à franchir un obstacle prévu, c'est courage.
Franchir un obstacle soudain, c'est colère.
Franchir avec aisance, c'est grandeur d'âme.
Perdre du terrain par de petits obstacles, c'est pusillanimité.
Tomber subitement, c'est disposition à pleurer.
Voir tomber un autre, c'est disposition à rire.
Voir surpasser quelqu'un contre notre gré, c'est pitié.
Voir gagner le devant à celui que nous n'aimons pas, c'est indignation.
Serrer de près quelqu'un, c'est amour.
Pousser en avant celui qu'on serre, c'est charité.
Se blesser par trop de précipitation, c'est honte.
Etre continuellement devancé, c'est malheur.
Surpasser continuellement celui qui précédait, c'est félicité
Abandonner la course, c'est mourrir.
Philo
Boulot
Qui permet de réfléchir (un peu)
"La vie humaine peut être comparée à une course, et quoique la comparaison ne soit pas juste à tous égards, elle suffit pour nous remettre sous les yeux toutes les passions (dont nous venons de parler). Mais nous devons supposer que dans cette course on n'a d'autre but et d'autre récompense que de devancer ses concurrents?
S'efforcer, c'est appéter ou désirer.
Se relâcher, c'est sensualité.Regarder ceux qui sont en arrière, c'est gloire.
Regarder ceux qui précècent, c'est humilité.
Perdre du terrain en regardant en arrière, c'est vaine gloire.
Etre retenu, c'est haine.
Retourner sur ses pas, c'est repentir.
Etre en haleine, c'est espérance.
Etre excédé, c'est désespoir.
Tâcher d'atteindre celui qui précède, c'est émulation.
Le supplanter ou le renverser, c'est envie.
Se résoudre à franchir un obstacle prévu, c'est courage.
Franchir un obstacle soudain, c'est colère.
Franchir avec aisance, c'est grandeur d'âme.
Perdre du terrain par de petits obstacles, c'est pusillanimité.
Tomber subitement, c'est disposition à pleurer.
Voir tomber un autre, c'est disposition à rire.
Voir surpasser quelqu'un contre notre gré, c'est pitié.
Voir gagner le devant à celui que nous n'aimons pas, c'est indignation.
Serrer de près quelqu'un, c'est amour.
Pousser en avant celui qu'on serre, c'est charité.
Se blesser par trop de précipitation, c'est honte.
Etre continuellement devancé, c'est malheur.
Surpasser continuellement celui qui précédait, c'est félicité
Abandonner la course, c'est mourrir.
Hobbes De la nature humaine